Images

621 h9Nos pensées sont produites par des causes et des circonstances variées qui changent sans cesse ; ne nous imaginons pas les posséder – elles sont impersonnelles – et évitons de nous identifier avec elles. Les circonstances sont ce qu’elles sont, laissons-les suivre leur cours, sans nous y attacher, ni vouloir les solidifier ou les fixer en nous les appropriant. Ne les rejetons pas non plus, et n’en soyons pas irrité. L’esprit qui les perçoit n’est pas séparé des circonstances qui le conditionnent : comme elles, il est changeant, sans cesse en mouvement, et vide de toute substance.

Gardons toujours la pure vision de l’abstraction, de l’humour, de la vacuité de toutes choses, et de l’essence qui en est consciente, qui coule avec elles et en est inséparable comme leur ombre, ou plutôt leur image. La conscience est l’image des choses ! Et les choses – celles dont nous sommes conscients et que nous percevons – ne sont que des images vides !

Les gens s’identifient à ces images, pour soutenir leur ego et se faire croire qu’ils existent. Ils sont fascinés par la photographie et le film, qui fixent des images fugaces et vides sur des écrans ou des morceaux de papier ! Mais la photo et le cinéma ne peuvent pas transcender la réalité ordinaire : ils en dépendent trop étroitement, car elle est leur seul sujet ! C’est pourquoi ils resteront toujours des arts mineurs (il y a quelques exceptions). On ne peut pas photographier ou filmer le surnaturel, le spirituel, l’imaginaire, les visions ou les mélodies de l’âme, comme peuvent les exprimer la peinture, la musique et la poésie ! La photo ne peut fixer que le relatif, elle n’est pas capable de franchir le petit décalage qui sépare le relatif de l’absolu : l’abandon du soi où le sujet et l’objet deviennent un. L’appareil photo maintient toujours une séparation, et une dualité, entre le photographe et son sujet, car l’œuvre photographique ne peut naître qu’à travers un objectif ; elle dépend des conditions extérieures et ne peut exister sans un sujet matériel. Les œuvres picturales, musicales ou poétiques, par contre, si elles sont parfois inspirées par un sujet matériel, ne dépendent pas des conditions extérieures ; elles naissent à l’intérieur : dans l’unité de l’esprit ou du cœur de l’artiste avec l’essence des choses.

 

Texte : Notes de Dharma, 17 janvier 1992, Hua Hin
Peinture : 621 Composition – 54 x 44 cm – Acrylique sur papier

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