Ciel et nuages

721 L9

Les nuages nous offrent le spectacle superbe de leurs formes et leurs couleurs changeantes. Ils se forment et se déforment à un rythme si rapide qu’ils ont l’air immobiles, mais dès qu’on tourne la tête pendant un instant, ils ont complètement changé, ou même disparu. Chaque vision des nuages est unique, puisque c’est celle d’un instant et d’un endroit précis ; vus d’un autre endroit et à un autre instant, les mêmes nuages ont une tout autre allure. Les nuages sont comme des mirages, si on s’en approche pour les saisir, ils ne sont rien que des gouttes d’eau en suspension dans l’air, une sorte de brume qui se condense et s’évapore sans cesse, et tombe parfois en pluie. Ces masses légères et instables sont remuées par les vents et éclairées par le soleil ou la lune. Certains nuages sont proches, d’autres lointains, mais ils se fondent tous sur un même plan visuel, comme une peinture abstraite et mouvante. Pourtant, ces nuages volages font la pluie et le beau temps sur notre planète et, selon leurs caprices et leurs humeurs, créent bien souvent les caprices et les humeurs des hommes, et motivent leurs actions. Mais ici, ils vont et viennent si vite qu’ils n’ont généralement pas la persistance qui provoque la morosité.

L’air, le milieu gazeux – ce que nous appelons le ciel – est le plus abstrait des éléments. On y sent le vent et les odeurs, on y voit les étoiles, les nuages, les oiseaux et les autres objets volants. Mais tout cet air qu’on ne voit pas, il est là aussi, bien plus vaste que les mers et les terres qui recouvrent la surface de la terre. Notre atmosphère mesure environ cent kilomètres d’épaisseur. C’est immense par rapport à l’écorce terrestre, aux huit kilomètres des mers les plus profondes et aux huit kilomètres des plus hautes montagnes. C’est toutefois insignifiant par rapport au volume de la terre, avec ses treize mille kilomètres de diamètre : une fine pellicule qui l’entoure, comme la peau d’une tomate. Mais le ciel, c’est aussi, au-delà de l’atmosphère, l’infinité du vide intersidéral…

À la surface de la terre, nous ne sommes que de minuscules microbes, mais notre esprit est assez vaste pour cogiter sur l’échelle des choses qui dépassent notre perception !

 

Texte : Journal, 12 septembre 1984, Papenoo (Tahiti)
Peinture : 721 Rayon jaune– 38 x 46 cm – Acrylique sur papier

Publicités

Répondre

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s