Le désert des Tartares

856 h9J’ai vu récemment Le désert des Tartares, un film que j’avais probablement déjà vu, même si je ne m’en rappelais pas ; après quelques jours toutefois, comme c’est souvent le cas, il m’a semblé que quelques images ne m’étaient pas complètement inconnues. Mais je crois que les souvenirs que j’avais de cette histoire venaient plutôt de la lecture du roman de Dino Buzzati. C’est un bon film, avec de merveilleux acteurs. Et cette histoire est fascinante. Je me disais qu’elle était, d’une certaine manière, une métaphore de notre vie. Notre ego, notre personnalité, est comme cette immense forteresse et sa garnison. Et le désert qui l’entoure comme la vie, avec toutes les menaces imaginaires que nous y voyons. La garnison est formée d’un groupe de personnages brillants – l’élite de l’armée – mais aussi psychotiques, chacun à sa manière : ils représentent toutes nos subpersonnalités, ces entités illusoires qui dirigent notre vie. Entre ces personnages, comme entre nos différents moi, se tisse un réseau complexe de relations ambigües et pernicieuses, réglementées par les ordres implacables d’une hiérarchie militaire. Et le territoire sur lequel veille cette garnison fantôme, c’est le désert des Tartares, une plaine désolée et aride, à perte de vue, d’autant plus terrifiante que son étendue infinie semble insondable et imprévisible. Elle est peu à peu peuplée – dans l’imagination de ces officiers isolés pendant des années au milieu de nulle part – par des hordes de barbares sauvages : les Tartares. De la même manière, notre mental, isolé au milieu de la vacuité impénétrable de ce que nous percevons comme le monde extérieur, imagine sans cesse un cortège d’ennemis féroces, de situations redoutables et de dangers potentiels auxquels, malgré les plus habiles stratégies, nous sommes persuadés que nous ne pourrons jamais échapper.

J’ai été particulièrement frappé par la note qui figure à la fin du film : 25 ans après le tournage, l’imposante citadelle iranienne qui a lui servi de décor fut complètement détruite par un tremblement de terre. De la même manière, la citadelle de notre ego pourrait être complètement détruite, un jour, par un tremblement de terre intérieur…

 

Texte : Journal, 31 juillet 2018, Cabrières d’Aigues
Peinture : 856 Peinture de guérison – 46 x 38 cm – Acrylique sur papier

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