Les structures

606 L6

Ce matin, j’ai préparé mon cours de demain. Il y a beaucoup d’idées dans ma tête, mais elles sont encore dans le désordre. J’espère que tout se mettra en place demain matin, avec l’assistance divine, que la lumière me canalisera ce que je vais dire. J’ai l’impression que ces idées sont quand même nouvelles, et pas encore admises et comprises par notre société. Je m’en suis rendu compte hier soir. Le changement est une chose (les bouddhistes parlent de l’impermanence) : accepter que tout est changement, c’est bien, certes, mais c’est une attitude passive. La plupart des gens résistent au changement, s’y opposent (c’est la tendance traditionnelle) : ils en ont peur. Mais on peut aussi provoquer, soutenir, encourager, créer le changement ; changer soi-même pour changer le monde. Il y a ceux qui ont déjà changé, plus vite que le monde et la société, comme les enfants nouveaux ; ils ne sont pas adaptés à un monde rétrograde, lent, dépassé, et sont obligés de s’abrutir avec des drogues, de l’alcool, de la musique, de la junk food, pour survivre ; sinon ils se révoltent, deviennent délinquants ou se suicident.

Véronique disait hier soir que pour pouvoir changer et être équilibré, il fallait d’abord avoir une structure. Mais qu’est-ce qu’une structure ? Est-ce un ensemble de croyances, de règles morales, de principes ? Elle disait que les enfants n’avaient pas de structure. Mais l’idée de structure me semble basée sur le système traditionnel : la rigidité, la sécurité, la stabilité. La liberté nouvelle, c’est justement ne pas être conditionné par une structure : être flexible, adaptable, mouvant, couler, sans avoir de limitations, de blocages, de peurs. C’est briser les structures, les paradigmes, les principes, les traditions ; être branché sur l’énergie, l’intuition, la spontanéité, l’intelligence, la sagesse, plutôt que sur les dogmes, les théories et les connaissances. Les structures, c’est le passé qui régit le présent. Vivre dans le présent sans être conditionné par le passé, la mémoire, c’est se laisser traverser par les informations divines, vivre au rythme de l’amour, et non de l’intellect et de la logique. Transcender les structures, se laisser porter par le flux de l’énergie cosmique, et danser, ou faire danser la matière, au lieu d’en être prisonnier. Être un rayon de lumière, une gerbe d’étincelles, une expression extra-sensorielle, une manifestation du sans-forme : c’est l’opposé d’une structure. Une structure, c’est justement ce qui nous bloque, ce qu’il faut abandonner.

 

Texte : Pages, 26 janvier 1999, Chiang Mai
Peinture : 606 Unité dans la dualité– 24 x 32 cm – Acrylique sur papier

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